




Rugueu est né en 2006 sur eBay.
C’est en parcourant les pages « artistes » du célèbre site de ventes aux enchères, et en voyant le nombre considérable de personnes revendiquant faire de l’art brut que l’envie de participer moi-même, mais au second degré, est née. J’allais faire de l’art de brute, pour cela il me fallait un nom brut de coffre et le mot rugueux m’est tout de suite venu à l’esprit. C’est un terme qu’on utilise beaucoup en rugby, sport majeur de la région dont je suis originaire. Rugueu sans X serait donc bitterrois et pratiquerait l’art de brute ou « ADB© » .
Et puis ensuite, je me suis prise au jeu, Rugueu a évolué, il s’est mis à dessiner sur des pages de livres essentiellement.
Un livre : un style : une série. Le premier plaisir étant de chiner et sélectionner des livres anciens sur des sujets qui m’inspirent : la démence, l’art et la folie, Lucifer, Les interventions surnaturelles, fumée d’opium, Éloge de la folie, Au-delà du bien et du mal, les énigmes de la science… sont autant de livres anciens sur lesquels j’interviens de temps en temps, quand je trouve le temps et l’inspiration.
Encore plus tard, l’envie de dessiner au dos d’emballages est arrivée, emboitant ainsi le pas d’artistes que j’apprécie comme Claudine Goux, Pierre Albasser, John Mckie et bien d’autres. Comme la page de livre, l’emballage de récupération exorcise l’angoisse de la page blanche. Sa forme un peu aléatoire est propice à l’imagination.
J’ai vraiment repris le dessin en 2020, pour m’apercevoir que mon style avait beaucoup changé. J’allais vers des dessins plus fouillés, moins cocasses sans doute et plus expressifs. J’ai ouvert un compte Instagram en 2021 et me suis donné comme objectif d’y publier « au moins un dessin par jour », pari tenu pendant plus d’un an. L’art se bonifie souvent dans la contrainte, quoiqu’on en pense !